Casting, amitiés côté jardin

Jimmy Beauquesne, Adrien Brahimi, Marie Ducaté, Ambre Kopac, Marie L’Hours, Elsa Muller, Lorette Pouillon

6 mai — 31 mai 2025

une proposition de 
Camille Cheyre, Charlotte Dartigues, Eva Salgueiro Gonçalves, Nina-Lou Siméon, Cameron White

De Toy Story à La Nuit au Musée, les récits de personnification nous entourent. S’en raconter, c’est faire de nos projections des créations vivantes. À la manière d’une paréidolie, nos relations affectives aux figures représentées dans les œuvres reflètent nos vécus intimes. 

Casting, amitiés côté jardin raconte l’histoire d’un groupe de personnages qui se rencontrent au creux d’une ronde, dans l’intimité d’un jardin intérieur. Cette ronde, habitée par des figures différentes mais reliées entre elles prend la forme d’une exposition. Elle imagine les liens intimes et émotionnels qui peuvent exister entre les œuvres et s’intéresse aux relations d’affect que les artistes peuvent leur porter. En son sein coexistent des êtres multiples qui déplacent la question de la représentation vers celle de l’incarnation, et la figuration vers la personnification.  Leurs présences côte à côte et leurs regards qui se croisent permettent ainsi de s’inventer une narration entre ces personnages d’une même pièce. 

Une exposition collective est toujours l’opportunité de rencontres à plusieurs niveaux. Celle-ci est le fruit de multiples collaborations. La première est permise par le programme Réalité d’une exposition, partenariat entre le lieu d’art contemporain In extenso et l’École supérieure d’art de Clermont Métropole. Ce programme a rassemblé cinq étudiant·es, qui, épaulé·es par l’équipe d’In extenso, travaillent ensemble depuis maintenant une demi-année sur la conception et la curation de cette exposition. Ensemble, iels ont visité des ateliers ainsi que des collections d’art contemporain en Auvergne Rhône-Alpes. Iels ont rencontré des œuvres et des artistes au sein de la région. Puis, ce sont les artistes elleux-mêmes qui se sont rencontré·es à travers une “ronde d’interviews” et cela via une plateforme numérique, sans jamais se voir. En s’écrivant, les artistes ont échangé sur leurs pratiques, leurs relations à leurs œuvres et leurs affects. 

Dans une édition accompagnant l’exposition, vous trouverez la chaîne de leurs échanges, les éléments sur l’exposition, ainsi qu’une fiction curatoriale co-écrite mettant en scène le lieu et les pièces.

LIVRET D’EXPOSITION

LES ARTISTES

Jimmy Beauquesne (1991, France) est diplômé de l’ENSAAMA à Paris et de l’École supérieure d’art de Clermont Métropole (DNSEP, 2017). Il vit et travaille à Paris où il mène une pratique de dessin et d’installation au sein de laquelle s’hybrident espaces intimes, culture de masse, ornementation et science-fiction.
Ses œuvres ont figuré dans des expositions collectives à : Magasins Généraux, Pantin (2019) ; MAMC, Saint-Etienne (2020) ; La Box, Bourges (2020) ; Ygrec – Ensapc, Aubervilliers (2020) ; Institut d’Art Contemporain, Villeurbanne (2022), Palais de Tokyo, Paris (2023) ; Frac Ile de France, Paris (2024) … Il a été nommé au Prix Dauphine (2019) et au Prix Sciences Po (2020).

Adrien Brahimi vit et travaille à Lyon, aurait préféré être ailleurs.
Dans sa pratique, la toile devient un espace de mise en scène où se rencontrent éléments du quotidien, références cinématographiques et dispositifs plastiques. Il y intègre des objets réels — vêtements, accessoires — pour interroger la frontière entre le travail et la vie quotidienne.
Ses installations, pensées comme des plateaux de cinéma entre deux prises, prennent souvent la forme d’une sorte d’espace transitoire dans lequel réalité et fiction se confondent. Les personnages qui les habitent, souvent inspirés du cinéma ou de scènes issues de l’infraordinaire, sont travestis, maquillés, exposés avec leurs artifices, et jamais vraiment tout à fait à leur place. La peinture, la chanson ou la sculpture sont autant de moyens qu’il emploie pour donner forme à ces récits-espaces. Il conçoit ainsi son rôle d’artiste comme celui d’un réalisateur, construisant des scènes où chaque détail visible, y compris les marges du cadre, et ce qui est habituellement contenu dans le hors champ, participe à la narration.

Marie Ducaté (1954, Lille) vit et travaille à Marseille. 
Formée aux Beaux-Arts d’Aix-en-Provence, elle développe une pratique transversale entremêlant peinture, céramique, verre, textile et mobilier. Sa pratique explore les relations entre couleur, matière et ornement, dans une approche  sensible. Elle tisse une œuvre où la couleur devient langage, surface et matière à penser.
Elle a exposé dans de nombreux lieux en France et en Suisse, notamment au Musée Mandet (Riom), au Pavillon de Vendôme (Aix-en-Provence), ou encore à la galerie Béa-Ba (Marseille). Ses œuvres figurent dans plusieurs collections publiques, dont le Frac Occitanie, la Ville de Marseille, ou encore là l’Institut d’Art Contemporain à Lyon. Elle réalise également des commandes pour le chef cuisinier argentin Francis Mallmann.
Son travail a été largement relayé dans la presse spécialisée et culturelle.

Ambre Kopac est née à Utuna, dans le Vent-Mort en 1998. Elle vit et travaille à Paris.
Elle baigne des cosmos qui éclosent là où le réel se confond dans l’imaginaire, s’immisce dans cette frontière où tout et rien ne semble avoir de sens. Des partenaires dessinés sur la toile ou modelés par l’argile l’accompagnent dans sa recherche de fabulations et prennent sans cesse le pouvoir sur ce qui est prêt à exister.

Marie L’Hours (1988, Brest) vit et travaille à Clermont-Ferrand. Elle a été diplômée de l’EESAB Quimper en 2011. “Marie L’Hours raconte des histoires. Sans avoir nécessairement recours aux mots, il y est question d’espaces enveloppant des corps, d’enveloppes qui deviennent volumes, de corps qui s’effacent pour devenir des motifs dans un espace plan. Combinant performance, dessin, parole et chanson, Marie L’Hours nous emmène dans des univers mystérieux et sensibles où l’on passe des couleurs aux odeurs, du visible au tangible, du point au trait et de la surface à la matière. » Isabelle Henrion, 2021.
La pratique artistique de Marie se prolonge dans le commissariat d’expositions, l’organisation d’événements et la collaboration avec des artistes de son entourage. En 2016, elle a notamment créé le festival de performances Setu, en collaboration avec son amie Morgane Besnard, dans le Finistère. Depuis 2020, elle coordonne l’espace municipal d’art contemporain La Tôlerie avec Tom Castinel, à Clermont-Ferrand.

Née en 1993 à Trèves (ALL), Elsa Muller vit et travaille entre Lyon et l’Alsace. Elle entame d’abord un cursus scientifique avant de s’orienter vers des études artistiques. C’est ainsi qu’elle intègre les Beaux-Arts de Lyon, dont elle sort diplômée en 2021. Sa pratique alterne principalement entre peinture et vidéo, deux médiums qui se succèdent et se répondent, chacun à leur façon, avec humour et dérision.
Son travail a notamment été montré au DOC (Paris), à la 5e Triennale Jeune Création (Luxembourg), à la galerie Fran Reus (Majorque), au festival Les Instants Vidéos (Marseille), à KOTE (Séoul) ou encore à la 4e et 6e édition de The Wrong Biennale (Internet). Récemment, elle a participé au programme « Création en cours » piloté par les Ateliers Médicis et a été invitée par L’envers des pentes pour passer une semaine en refuge afin de questionner la pratique du trail running.
Depuis son atelier à Lyon, elle continue de développer des recherches picturales alliant images préconçues et intelligence artificielle.

Lorette Pouillon est diplômée de l’ESAD de Saint-Etienne depuis 2020. Après son diplôme, elle a réalisé une première exposition personnelle intitulée « TOUT DOÎT DISPARAITRE » en 2022 à la galerie de l’Antenne à Saint-Etienne, puis une autre en 2023 qui s’appelait « DU VENT SVP » à l’Attrape Couleurs à Lyon. Elle a aussi bénéficié de plusieurs résidences avec des institutions diverses telles que les Ateliers Médicis, la Villa Glovettes, le Creux de l’enfer ou la NEF (centre dramatique dédié aux arts de la marionnette). Son travail s’enrichit beaucoup de collaborations avec des artistes du spectacle vivant, en tant que scénographe ou performeuse. Elle vit et travaille aujourd’hui à Clermont-Ferrand.

ÉQUIPE CURATORIALE

Camille Cheyre, Charlotte Dartigues, Eva Salgueiro Gonçalves, Nina-Lou Siméon et Cameron White forment ensemble la joyeuse équipe curatoriale de Casting, amitiés côté jardin. Iels sont actuellement étudiant·es en quatrième année à l’École Supérieure d’Art de Clermont Métropole, où iels ont obtenu leur DNA en juin 2024.
Bien que leurs travaux et recherches soient variées, iels s’accordent toustes sur le fait que l’amitié est un fondement nécessaire, un soutien quotidien et une douce source d’inspiration dans leurs pratiques.

Camille questionne dans son travail la notion de foyer, avec une touche de fiction. Ses sculptures en papier mâché, chimériques et décalées, sont souvent accompagnées de peintures acryliques et de soft sculptures en tissu. Ses installations sont conçues comme des espaces interactifs, peuplées d’humour noir et de bizarreries.

Charlotte développe une pratique qu’elle nomme « couleur matière », mêlant fabrication artisanale de pigments, gestes protocolaires, expérimentation sur divers médiums et tissage, dans une recherche sur les altérations entre couleur et matière.

Nina-Lou cherche à parler de technologie sans faire de l’art numérique. Elle explore le brouillage entre intime et virtuel et interroge la façon dont la culture internet, les jeux vidéos et la profusion de contenus influencent les constructions d’identités. Elle a une attention particulière aux expressions graphiques et dessinées en mobilisant la vidéo, l’installation, l’édition, l’écriture ou encore la performance.

Eva interroge les relations et les échanges sensibles et intimes au travers des formes épistolaires. Son travail plastique se déploie par la pratique de l’édition mêlant écriture, lecture, gravure, photographie et bijouterie. S’y rajoutent des références de culture pop, des recherches textuelles et visuelles, un goût pour l’archive ainsi qu’un penchant nostalgique.

Cameron mêle dans son travail mythes grecs et esthétiques du christianisme dans l’idée de se replacer et créer des allégories de sa transidentité et queerness à travers l’Histoire. La métamorphose arrive comme une évidence, alors que les objets, les couleurs de ses peintures et les textes deviennent un endroit de confort et de plénitude poétique dans une réflexion post-apocalyptique.